12 avril 2006
AVANT-PROPOS
Vannetais de souche depuis plusieurs générations et y résidant, j'ai été amené, au cours de ces trois dernières années, dans le cadre de recherches sur VANNES au début du XXe siècle, à réunir une importante iconographie basée sur des cartes postales d'époque. L'abondance des documents découverts m'a donné l'idée de proposer, sans autre prétention, et au travers de ceux-ci, la découverte - ou la re-découverte pour ses propres habitants - de la ville telle qu'elle se présentait il y a un siècle.
Une visite que chacun effectuera, selon ses aspirations, avec curiosité ou nostalgie et durant laquelle il pourra constater, au fil des chapitres, que si certains points de vues ont peu changé - ayant par contre bénéficiés de restaurations ou de remise en valeur, d'ailleurs toujours d'actualité - d'autres secteurs ont été complètement transformés, le plus souvent au détriment du riche Patrimoine architectural qui y existait. Le modernisme, ou présenté comme tel, du XXe siècle, n'aura pas été, loin s'en faut, synonyme d'amélioration au niveau de l'esthétique pour une ville au riche passé historique comme VANNES.
Et encore, la cité échappa au pire lorsque l'on pense à l'idée saugrenue qu'eut un jour un Conseiller Municipal qui, après la construction de la Gare dans la seconde moitié du XIXe siècle, avait imaginé que l'on relie celle-ci au Port en ouvrant un vaste boulevard au travers de la vieille ville, ce qui aurait eu pour conséquence d'éventrer les remparts et de mettre à bas nombre de maisons à pans de bois de l'intra-muros, nous privant alors définitivement d'un coeur historique où il fait si bon flaner... quelque soit la saison !
Bonne promenade à tous.
POUR COMMENCER LA VISITE ...
Une vue insolite tout autant qu'exceptionnelle...
On y voit au premier plan, à droite, la Place Gambetta et le port et, à gauche, le quadrilatère du Collège St-François-Xavier. Au dessus de celui-ci, en second plan, la Place et la Halle aux Grains, puis, plus haut, la ligne droite de l'Avenue Victor-Hugo. Tout en haut à droite, l'Etang-au-Duc.
... ET QUELQUES VUES PANORAMIQUES
DU HAUT DE L'HOTEL DE VILLE
Vers l'Intra-muros
De la Cathédrale (à droite) à St Patern (à gauche) avec, en arrière-plan, l'Etang au Duc.
Vers le chenal du port : on distingue au premier plan, sur la gauche, la couverture de la Halle aux Grains et à droite la forme arrondie de la Salle d'Audience du Tribunal, en construction (?) . Au second plan, le Collège St François-Xavier et sa grande Cha-pelle.
DU HAUT DE L'EGLISE ST PATERN
Vers les Remparts
Le quartier St Patern, en direction de la Gare. A droite, le cimetière de Boismourault.
13 avril 2006
LE PORT ...
Alors que s'est tenu à VANNES, du 13 Avril au 8 Mai 2006, la seconde édition du "FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA PHOTO DE MER", de multiples cartes postales anciennes nous rappelle que, bien que sur le déclin, le port était encore fréquenté il y a un siècle, au rythme des marées, par nombre de chasse-marées, caboteurs ou autres petits bateaux de pêche, dont les sinagos de SENE.
14 avril 2006
... ET LA PROMENADE DE LA RABINE
SON KIOSQUE A MUSIQUE
&
SON MONUMENT dédié à ALAIN-RENE LESAGE natif de SARZEAU & auteur de "GIL-BLAS"
Le monument sera amputée courant 1942 de la "Sarzeautine" offrant ses fleurs au buste d'Alain-René LESAGE, disparue dans la tourmente de l'occupation allemande et de la récupération sans limite de tous les métaux.
LES BORDS DU GOLFE
Symbolisés par la paisible PRESQU'ILE de CONLEAU et sa piscine d'eau de mer
et le MOULIN de CAMPEN
sur la rivière du Vincin, dont la digue permettait de relier les communes de VANNES et d'ARRADON , offrant un raccourci aux familles Vannetaises se rendant à pied pour goûter aux joies des premiers bains de mer sur les plages de Pen-Boch et de Roguédas.
C'était aussi le chemin emprunté par les élèves du Collège Saint-François-Xavier pour aller à la Maison de campagne des Jésuites édifiée dans la seconde moitié du XIXe siècle en bordure même du Golfe.
20 janvier 2007
DE L'ANCIENNE A LA NOUVELLE MAIRIE
L'Ancienne Mairie était située en haut de la Place des Lices, dans l'intra-muros. Devenue un temps le siège du Conservatoire de Musique après l'entrée en fonction de la nouvelle Mairie à la fin du XIXe siècle, son état de vétusté devait la condamner à la démolition. Seul son escalier extérieur a été sauvegardé et sera réinstallé Rue Thiers dans la cour de l'Hôtel de Limur pour faire la liaison entre ses deux cours.
La Nouvelle Mairie, dont on dit qu'elle est , en miniature, inspirée par celle de PARIS , avait été inaugurée en 1886.
27 janvier 2007
FOIRES & MARCHES ...
PLACE DU CHAMP DE FOIRE (aujourd'hui "de la Libération").
On distigue en second plan, à droite, l'ancien Couvent de "Nazareth" et, à gauche, le batiment d'origine de l'Auberge de "l'Image Ste Anne", également visible sur les vues au-dessus.
PLACES STE CATHERINE & CABELLO, dans le Quartier St Patern, avec la fameuse "Foire aux cochons".
RETOUR DE MARCHE
03 février 2007
LE QUARTIER ST PATERN
D'abord coeur historique de la ville puisque c'est sur sa colline que s'édifia, à la suite de la défaite des Vénêtes contre Jules-César, la cité gallo-romaine de DARIORITUM, premier nom de VANNES, le quartier devait devenir au fil des siècles, après le transfert de la ville sur la colline voisine, un quartier "populaire". La création toute proche des Casernes dans les années 1880 y verra même s'y installer plusieurs "maisons de plaisir" dans la Rue de la Tannerie.
Le premier sanctuaire qui y fut installé, à l'emplacement de l'église actuelle, prit le nom de celui que la tradition désigne comme le premier évêque de la cité, Saint PATERN. Un document découvert très récemment attesterait que l'église avait été consacrée comme Basilique.
LA RUE DE LA FONTAINE
Appelée parfois incorrectement "des Fontaines", elle rappelle celle qui était installée en contrebas de l'église.
LA RUE DE L'HOPITAL
Longeant l'église sur son coté droit, elle fut durant plusieurs siècles la seule voie d'accès direct à l'intra-muros, via la Porte-Prison, pour les diligences et autres moyens de transports en provenance de NANTES et RENNES ou voulant s'y rendre. Sur cette voie escarpée, on peut imaginer le bruit infernal que devaient faire sur les pavés les sabots des chevaux tirant des diligences aux roues cerclées de fer, les hennissements et halètements des animaux s'entremèlant aux cris des palefreniers.
Elle se prolonge par l'étroite RUE ST NICOLAS , du nom de l'Hôpital qui la jouxtait, et menant à l'imposante Porte-Prison.
LA PLACE CABELLO
Sur la butte, dans le prolongement de la Place Ste Catherine située à l'arrière de l'Eglise, c'est ici que se tenait notamment le fameux marché aux cochons ....


LA RUE DU ROULAGE
Percée au XIXe siècle, elle permit aux diligences et autres carioles d'éviter les montées et descentes périlleuses des Rues de la Tannerie , de l'Etang et surtout de celle de l'Hôpital.
L'AVENUE ST SYMPHORIEN
Dans le prolongement de la Rue de la Fontaine elle permit de rejoindre la Route de Pontivy et à partir de 1862, la Gare et son quartier.
Sa dénomination de l'Etang-du-Duc (ou au- Duc, c'est selon...) provient du fait que VANNES avait été à partir du XIVé siècle, la résidence favorite des Ducs de Bretagne qui résidaient dans l'ancien Chateau de l'Hermine. D'origine artificielle, il correspondrait à l'emplacement d'une ancienne "carrière" d'où auraient été extraites des pierres pour la construction des remparts . Il a remplacé un précédent étang naturel, celui de Plaisance, situé plus au nord-est à la sortie de la ville, près de la route de Rennes. Pour la petite histoire, les deux étangs sont liés par la légende de la Mary-Morgane :
"Une mary-morgane (sirène) habite l'Etang du Duc, prés de Vannes.Elle en sort quelquefois pour tresser au soleil ses cheveux verts. Un soldat la surprit un jour sur son rocher, et, attiré par sa beauté, il s'approcha d'elle ; mais la mary-morgan l'enlaça de ses bras et l'entraîna au fond de l'étang . Si vous demandez au peuple ce que c'est que cette fée des eaux, voici ce qu'il vous racontera :
Une princesse, à qui l'Etang au Duc appartenait, avait refusé d'épouser un grand seigneur qui possédait l'étang de Plaisance. Cependant, fatiguée par la prière de celui-ci, elle lui dit un jour :
- Je serai vôtre, quand l'étang de Plaisance coulera celui au Duc.
Croyant bien demander l'impossible ; mais le seigneur fit creuser un canal qui réunit les deux étangs ; et un jour, ayant invité la dame à une fête qu'il donnait à son château de Plaisance, il la conduisit en bateau par ce canal, jusqu'à l'étang au duc, et là lui dit :
- J'ai rempli votre vouloir, remplissez maintenant votre promesse, et devenez mienne.
Mais la princesse, saisie de douleur en voyant ce qu'elle avait promis, ne voulut point donner son âme et son corps au seigneur qu'elle n'aimait pas, tandis qu'au contraire elle en chérissait un autre ; elle se pencha, désespérée, sur le bord du bateau, et se jeta la tête en avant au fond du lac, d'où elle ne revint plus. Seulement à partir de ce jour, il y eu dans l'étang une mary-morgan belle comme le jour, et l'on pense que c'est la princesse qui a pris cette forme, et qui se montre, vers les matins d'été, sur les rochers qui bordent l'eau, peignant ses longs cheveux, et faisant des couronnes de glaïeuls."
(Extrait de "Les Derniers Bretons" d'E. Souvestre, ed. Charpentier.)
































































































